Duchenne de Boulogne

L’édition 2018 de la fête de la science traite des idées reçues. L’occasion de redécouvrir les fascinantes photographies du  Mécanisme de la physionomie humaine (1862), de Duchenne de Boulogne.
Comment en effet ne pas être troublé ou choqué par ces portraits de personnes qui semblent souffrir sous les stimulations électriques de l’illustre neurologue ?

Image extraite du Mécanisme de la physionomie humaine – collections du Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse, B 3296


Pourtant il s’agit bien là d’une idée reçue. Duchenne de Boulogne, explore les applications thérapeutiques de l’électricité, en utilisant le principe d’électricité d’induction découvert par Faraday. L’application des électrodes de son «grand appareil volta-faradique à double courant» qu’il a lui-même construit, est entièrement indolore. Les grimaces ne sont que des contractions musculaires, sans aucun rapport avec les sentiments du « cobaye », qui souffrait d’ailleurs de paralysie faciale.

Grâce à l’électricité, l’anatomiste peut délaisser les morts pour expérimenter sur les vivants. Et grâce à la photographie, aux vertus probantes, pédagogiques et artistiques, il nous place en position de témoin, à une époque où l’anatomie est représentée sous forme de lithographies. En nous montrant le mécanisme des muscles et la correspondance qui existe entre un muscle et une émotion, il sépare irrémédiablement l’émotion, pure réaction physiologique, du sentiment, construction mentale et état affectif d’ordre psychologique.

Ainsi, Duchenne de Boulogne découvre notamment qu’un vrai sourire de bonheur utilise à la fois les muscles du visage et ceux des yeux, contrairement au sourire de façade. Une découverte qui lui fut peut-être utile pendant les nombreuses années où sa démarche scientifique fut raillée. Il fallut les éloges de Charles Darwin pour qu’enfin les « Mécanismes de la physionomie humaine » soient reconnus à leur juste valeur.

Pour aller plus loin, à visionner le documentaire « Duchenne de Boulogne ou l’anatomie des passions » de Mark Blezinger

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