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Tibulle Desbarreaux-Bernard (1798-1880)

Tibulle Desbarreaux-Bernard, de son vrai nom Tibulle Pellet Desbarreaux, naît à Toulouse le 30 brumaire An VII (20 novembre 1798).
Son père Hyacinthe Pellet, maire de Toulouse en 1795 puis administrateur municipal de la ville jusqu'en 1799, avait participé à la Révolution française après avoir mené une carrière de comédien sous l'Ancien régime sous le surnom de Desbarreaux. Il en garde le goût de la scène aussi bien artistique que politique et finit sa vie comme directeur de théâtre.
Sa mère, d'origine lyonnaise, avait le goût des lettres publiant vers 1800 une comédie pour glorifier Bonaparte : « Le petit chemin de Potsdam ».

Desbarreaux-Bernard (1798-1880)

Dès l'âge de 15 ans, le jeune Tibulle se tourne rapidement vers des études de médecine sous l'impulsion du docteur Charles Viguerie. Il poursuit ses études à Paris, choisit la médecine infantile et devient docteur en 1825. De retour à Toulouse, faute de clients, les places étant prises par ses amis les docteurs Viguerie, Larrey, Naudin..., il se tourne vers la médecine légale. En 1831, après avoir visité pendant 63 jours un meurtrier gréviste de la faim, il publie une Notice historique sur Guillaume Granié mort dans les prisons de Toulouse à la suite d'une abstinence prolongée. C'est le premier travail communiqué à la Société de Médecine qu'il présidera 15 ans plus tard.

Notice historique sur Guillaume Granié mort dans les prisons de Toulouse à la suite d'une abstinence prolongée

Médecin-chef de l'Hôtel-Dieu, membre puis président de la Société de Médecine, membre de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres de Toulouse dont il deviendra le bibliothécaire de 1848 à 1878, Desbarreaux-Bernard publie de nombreuses œuvres variées. Il s'intéresse aussi bien aux questions de médecine, aux biographies de médecins qu' à la littérature, la bibliographie toulousaine.
C'est à partir de ses 50 ans que se développe sa vocation de bibliographe et de bibliophile avec l'acquisition du fonds d'ouvrages imprimés et manuscrits rassemblés par un collectionneur toulousain, le marquis de Castellane.
Bien qu'il continue à enrichir sa bibliothèque de sujets variés tels que la médecine, la littérature ou la bibliophilie, sa passion pour l'histoire du livre prend le pas sur ses autres travaux.

Fruits de longues années de recherches, d'un important travail d'érudition, ses ouvrages majeurs paraissent vers la fin de sa vie : Établissement de l'imprimerie dans la province de Languedoc, publié en partie dans l'Histoire générale de Languedoc édité par Privat, (1875) suivi du Catalogue des incunables de la bibliothèque de Toulouse en 1878.
Deux ans avant sa mort Desbarreaux-Bernard vend son imposante bibliothèque à deux libraires parisiens. En 1879 ceux-ci organisent une vente aux enchères du fonds général de sa bibliothèque et éditent le Catalogue des livres rares et précieux, imprimés et manuscrits composant la bibliothèque du docteur Desbarreaux-Bernard.

 Catalogue des incunables de la bibliothèque de Toulouse

En 1880, la ville de Toulouse achète à sa veuve le fonds régional de cette splendide bibliothèque « qui constitue aujourd'hui, à la bibliothèque municipale un des éléments dominants de la Réserve  » (Maurice Caillet, inspecteur général des Bibliothèques)

Identifiables à l'ex-libris « In secundi voluptas in adversis perfugium :  ex-musaeo Doct. D. Bernard » collé sur le contre-plat supérieur, les ouvrages possédés par Desbarreaux-Bernard portent chacun un numéro.

Ex-libris Res. D XVII 297

Inc. Paris 120

On compte plus de 2000 ouvrages ayant appartenu à Desbarreaux-Bernard dans les fonds de la Bibliothèque de Toulouse.

Bibliographie

  • Christian Peligry, Elisabeth Coulouma / BBF, N°12, 1982 : Le fonds ancien de la bibliothèque municipale de Toulouse
  • André Hermet / De la médecine aux incunables : le docteur Desbarreaux-Bernard
  • Baudoin, Adolphe / Eloge de Desbarreaux-Bernard in Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-Lettres de Toulouse, 8e série, Tome III, 1881. ]

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